Un après-midi d’été à Manosque, une amie libanaise m’a fait découvrir ce gâteau qu’elle préparait pour chaque fête de famille. Depuis, la basboussa s’est installée dans ma cuisine comme une évidence. Ce dessert du Moyen-Orient, parfumé à la fleur d’oranger et imbibé de sirop, possède cette douceur réconfortante qui rappelle les tables généreuses et les moments partagés. Avec sa texture unique, entre le moelleux et le fondant, ce gâteau de semoule se prépare en quelques gestes simples pour un résultat spectaculaire. Que vous le connaissiez sous le nom de revani, namoura ou harissa selon les régions, c’est une invitation au voyage qui se déguste à température ambiante, idéalement le lendemain de sa préparation.
Temps de préparation : 15 minutes
Temps de cuisson : 30 minutes
Nombre de portions : 8 à 10 parts
Ingrédients
Pour le gâteau :
- 250 g de semoule fine
- 80 g de sucre semoule
- 1 sachet de levure chimique
- 2 œufs
- 125 g de yaourt nature
- 12 cl d’huile de tournesol
- 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger
- 100 g d’amandes mondées (entières ou effilées)
Pour le sirop :
- 20 cl d’eau
- 100 g de sucre
- Le jus d’un demi citron
- 1 cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger
Préparation
Préchauffez votre four à 180°C. Cette étape est capitale pour que le gâteau cuise de manière homogène dès son enfournement.
Dans un grand saladier, versez la semoule fine – elle seule vous garantira cette texture légère et fondante si caractéristique. Ajoutez le sucre et la levure chimique, puis mélangez à sec pour bien répartir la levure. Formez un puits au centre de ce mélange.
Cassez les deux œufs dans ce puits, ajoutez le yaourt nature, l’huile de tournesol et la cuillère à soupe d’eau de fleur d’oranger. Prenez un fouet et travaillez le tout jusqu’à obtenir une pâte homogène et légèrement liquide. Ne vous inquiétez pas si la consistance vous semble fluide, c’est parfaitement normal. Cette texture permettra au gâteau de bien s’imbiber du sirop après cuisson.
Beurrez généreusement un plat rectangulaire d’environ 26 x 20 cm. Versez-y la pâte en lissant bien la surface avec une spatule. Disposez ensuite les amandes mondées sur le dessus en les espaçant régulièrement – comptez une amande par future part. Ce détail, aussi esthétique que gourmand, vous aidera aussi à découper le gâteau proprement une fois prêt.
Enfournez pour 30 à 35 minutes. Le dessus doit prendre une jolie couleur dorée, presque caramélisée. Surveillez la cuisson, chaque four ayant son tempérament.
Pendant ce temps, préparez le sirop. Dans une casserole, réunissez l’eau, le sucre, le jus de citron et l’eau de fleur d’oranger. Portez à ébullition, puis laissez mijoter à feu doux pendant 5 à 10 minutes. Le sirop doit légèrement épaissir sans devenir trop dense. Goûtez-le : si l’eau de fleur d’oranger domine trop, ajoutez un peu d’eau. Cet équilibre entre douceur et fraîcheur fait toute la différence.
Dès la sortie du four, versez immédiatement le sirop chaud sur le gâteau encore chaud. C’est le secret d’une basboussa parfaitement imbibée. Vous entendrez ce petit grésillement rassurant et verrez le sirop pénétrer la semoule. Laissez refroidir complètement à température ambiante avant de découper. La patience sera récompensée : le gâteau sera encore meilleur le lendemain, une fois que tous les arômes auront infusé.
Découpez en carrés ou en losanges en suivant les amandes. Servez nature ou accompagné d’un thé à la menthe, comme on le fait traditionnellement dans tout le Maghreb et le Moyen-Orient.
Questions fréquentes sur la recette de basboussa
Peut-on remplacer la semoule fine par de la semoule moyenne ?
Je vous le déconseille vivement. La semoule moyenne donnera un gâteau plus épais et moins fondant, perdant cette texture si particulière qui fait le charme de la basboussa. La semoule fine est vraiment l’ingrédient clé.
Le gâteau est trop friable, que faire ?
Si votre basboussa s’émiette, c’est probablement qu’elle a absorbé trop de sirop. La prochaine fois, réduisez légèrement la quantité de sirop ou attendez quelques minutes après la sortie du four avant de l’arroser.
Peut-on préparer la basboussa à l’avance ?
Absolument, c’est même recommandé. Elle se conserve 1 à 2 jours à température ambiante et gagne en saveur avec le temps. Le sirop continue de pénétrer la semoule, rendant le gâteau encore plus moelleux.
Quelles alternatives aux amandes ?
Les pistaches concassées sont magnifiques et apportent une belle couleur verte. La noix de coco râpée est aussi une option savoureuse, particulièrement appréciée dans certaines versions maghrébines. Vous pouvez même le laisser nature si vous préférez.
L’eau de fleur d’oranger peut-elle être remplacée ?
Oui, par de l’eau de rose, mais allez-y avec parcimonie car son goût est plus prononcé. Un peu de vanille naturelle fonctionne aussi très bien pour ceux qui préfèrent des parfums plus doux. Attention simplement à ne pas surdoser : un arôme trop présent peut donner un goût artificiel désagréable.
Pourquoi verser le sirop sur le gâteau chaud ?
C’est la technique traditionnelle qui permet une absorption optimale. Le choc thermique entre le gâteau chaud et le sirop chaud crée cette texture mi-fondante, mi-moelleuse qui caractérise la basboussa. Si vous versez le sirop sur un gâteau froid, il restera en surface.
Le gâteau ne gonfle pas, est-ce normal ?
Vérifiez la fraîcheur de votre levure chimique. Si elle est périmée, la pâte ne gonflera pas. La basboussa reste relativement plate, mais elle doit quand même présenter une légère aération. Si elle est trop compacte, c’est peut-être un problème de levure ou de pétrissage insuffisant.

Antoine Bertin est un ancien restaurateur passionné de cuisine maison et de décoration chaleureuse. Depuis son village de Provence, il partage sur La Loge Bertin ses recettes de saison, ses idées déco et son art de vivre simple et inspiré.

